Créer un chatbot sans budget reste faisable, à condition de savoir où s’arrête la gratuité. Sur les plateformes no-code, l’offre gratuite couvre la conception et le test du bot : c’est la publication en ligne ou le volume de conversations qui déclenche le passage payant. Les frameworks open source inversent la logique, le logiciel ne coûte rien mais l’hébergement et le temps de développement sont à votre charge. Le tableau ci-dessous récapitule sept outils gratuits pour créer un chatbot, les canaux couverts et la limite exacte de chaque offre, relevée en août 2026.
| Outil | Type | Limite de l’offre gratuite | Canaux |
|---|---|---|---|
| Botnation AI | No-code | Création et test illimités dans le temps, publication payante à partir de 39€/mois | Site web, WhatsApp, Messenger, Instagram, SMS, voicebot |
| Landbot | No-code | 100 conversations/mois, 1 utilisateur | Site web |
| Tidio | No-code | 50 conversations facturables/mois, marque Tidio affichée | Site web |
| ManyChat | No-code | 25 contacts actifs/mois, 4 automatisations, 2 canaux | Instagram, Messenger, TikTok, Telegram |
| Dialogflow (Google) | Développement | Édition ES d’essai sans frais avec quotas de requêtes, 600$ de crédits sur 12 mois pour CX | Site web, applications, téléphonie |
| Rasa Developer Edition | Open source | 1 000 conversations/mois (100 pour un bot interne), hébergement à votre charge | Selon l’intégration développée |
| Tock | Open source | Aucune limite de conversations, hébergement à votre charge | Site web, Messenger, WhatsApp, enceintes connectées |
Ce que « gratuit » recouvre réellement
Trois modèles économiques cohabitent derrière le mot gratuit, et ils n’engagent pas au même niveau.
- Le freemium plafonné : le compte reste ouvert sans date de fin, mais un quota mensuel borne l’usage, soit 25 contacts actifs chez ManyChat, 50 conversations chez Tidio et 100 chez Landbot. Une fois le plafond atteint, le bot cesse de répondre jusqu’au mois suivant ou jusqu’à la souscription d’un abonnement.
- La gratuité jusqu’à la mise en ligne : la conception et les tests ne coûtent rien, c’est la publication du bot qui déclenche la facturation. Botnation fonctionne ainsi, sans limite de durée sur le compte d’essai ni demande de carte bancaire à l’inscription.
- L’open source : le code est libre, sous licence Apache 2 pour Tock, et la dépense se déplace vers le serveur, les appels aux modèles de langage et le temps de développement.
Un quatrième cas se présente comme gratuit sans l’être : l’essai limité dans le temps. Chatfuel a supprimé son plan gratuit et le remplace par 7 jours d’essai, au terme desquels l’abonnement prend le relais. Même mécanique chez Google, dont les 600$ de crédits Dialogflow CX expirent 12 mois après leur activation.
Deux points à vérifier avant de choisir : la marque de l’éditeur affichée dans le widget, imposée sur les plans gratuits de Tidio et de ManyChat, et le lieu d’hébergement des conversations, qui détermine le régime applicable aux données collectées.
Les 7 outils gratuits pour créer un chatbot
1. Botnation AI
Plateforme française lancée en 2016, utilisable sans écrire une ligne de code. La création d’un bot FAQ demande moins de 5 minutes : un fichier de questions-réponses suffit, l’IA propriétaire se charge de la compréhension du langage naturel. Un même scénario se publie ensuite sur un site WordPress, Messenger, Instagram, WhatsApp, SMS ou en voicebot, avec passage de relais à un conseiller humain via le livechat intégré. L’essai reste gratuit sans limite de durée et sans carte bancaire, l’abonnement démarrant à 39€/mois au moment de publier le bot. Les données restent hébergées en Europe, sous juridiction française et conformément au RGPD. Le chatbot Botnation est déployé par plus de 500 entreprises dans 75 pays : celui de la SNCF TER a traité plus de 23 millions de messages.
2. Landbot
Constructeur visuel espagnol, orienté conversation web et qualification de leads. Le plan Sandbox couvre 100 conversations par mois pour un seul utilisateur, avec un jeu réduit de connecteurs (Zapier, Slack, SendGrid). Chaque nouvelle inscription démarre par 14 jours d’accès complet, puis le compte bascule automatiquement en Sandbox sans perte des scénarios déjà construits. Les bots utilisant les fonctions avancées cessent alors de se déployer. Le premier palier payant s’ouvre à 40€/mois pour 500 conversations et 100 conversations traitées par l’IA. WhatsApp relève de plans distincts, à partir de 80€/mois.
3. Tidio
Tidio combine livechat et chatbot dans un même widget de site. Le plan gratuit couvre 50 conversations facturables par mois et affiche la marque de l’éditeur dans la fenêtre de discussion. L’agent IA Lyro est accompagné d’une réserve unique de 50 conversations, non renouvelée : au-delà, il devient un module payant facturé séparément du plan de base. C’est le point à anticiper, la facturation reposant sur trois compteurs distincts (conversations, conversations Lyro, déclenchements de scénarios). L’entrée de gamme payante se situe à 29$/mois pour 100 conversations.
4. ManyChat
ManyChat automatise les messages privés sur les réseaux sociaux plutôt que sur un site web. Depuis mars 2026, le plan gratuit se limite à 25 contacts actifs par mois, 4 automatisations et 2 canaux au choix parmi Instagram, Messenger, TikTok et Telegram, avec la mention « Powered by Manychat » sur le premier message envoyé. Aucune carte bancaire n’est demandée à l’inscription. Un contact actif correspond à une personne, quel que soit le nombre de messages échangés dans le mois. Le passage à 250 contacts coûte 14$/mois, et WhatsApp démarre au palier Pro à 29$/mois.
5. Dialogflow (Google Cloud)
Dialogflow s’adresse aux équipes techniques déjà installées sur Google Cloud. L’édition ES d’essai s’utilise sans frais dans la limite de quotas de requêtes documentés, tandis que Dialogflow CX ouvre 600$ de crédits valables 12 mois, complétés par 1 000$ de crédits réservés aux fonctions d’IA générative. Passé ces crédits, la facturation se fait à la requête ou à la session, les sessions vocales coûtant nettement plus cher que le texte. Google a par ailleurs fondu la console CX dans son produit Conversational Agents, ce qui impose une migration aux projets existants.
6. Rasa Developer Edition
Rasa est un framework Python destiné aux développeurs, adopté dans les secteurs réglementés pour l’auto-hébergement complet des données. La Developer Edition se demande gratuitement et couvre 1 000 conversations par mois, ramenées à 100 pour un assistant interne réservé aux collaborateurs. Elle inclut CALM, l’approche où un modèle de langage traite la compréhension pendant que la logique métier reste écrite en code. Au-delà de ce volume, le palier Growth se négocie autour de 35 000$ par an. Compter des compétences en Python et en administration système pour une mise en production.
7. Tock
Tock est la seule plateforme complète de cette liste dont l’intégralité du code est publiée en open source, sous licence Apache 2. Développée par SNCF Connect & Tech, elle fait tourner OUIbot depuis 2016 et équipe Enedis ainsi que le Crédit Mutuel Arkéa. Sa particularité tient à son indépendance : aucune dépendance à une API tierce, donc les modèles et les données conversationnelles restent sur l’infrastructure de l’organisation, avec la possibilité d’y brancher une IA générative. Aucun quota de conversations n’existe, la dépense se concentrant sur l’hébergement. Une instance publique de démonstration se teste sur demo.tock.ai sans rien installer.
Comment choisir selon son besoin
Le bon outil dépend moins du budget que du canal visé et du niveau de contrôle attendu sur les données.
Le canal d’abord
Un chatbot posé sur un site web et un chatbot de messagerie ne relèvent pas des mêmes plateformes. Landbot et Tidio se concentrent sur le widget de site. ManyChat couvre les messages privés d’Instagram, de Messenger et de TikTok, sans widget web. Botnation et Tock traitent les deux familles depuis un même scénario. Si vos clients écrivent sur WhatsApp, vérifiez le palier auquel ce canal s’ouvre : il est absent des plans gratuits de ManyChat comme de Landbot.
No-code ou développement
Les plateformes no-code livrent un bot exploitable en quelques heures, au prix d’un abonnement mensuel et d’une dépendance à l’éditeur. Un framework comme Rasa ou Tock demande un développeur et un serveur, mais aucune redevance par conversation. Le calcul bascule vers l’open source quand le volume dépasse quelques milliers d’échanges mensuels ou quand les données traitées sont sensibles.
Le point de bascule payant
Sur les offres freemium, projetez votre volume réel avant de vous engager. Un quota de 25 à 100 conversations mensuelles se consomme en quelques jours sur un site à trafic moyen, et les grilles montent vite : 29$ chez Tidio, 40€ chez Landbot, 39€ chez Botnation, auxquels s’ajoutent les modules d’IA facturés à part chez plusieurs éditeurs. Comparez le coût à 12 mois, pas le prix d’entrée.
Les données et le cadre réglementaire
Un chatbot collecte des données personnelles dès qu’il enregistre un nom, un email ou le contenu d’un échange. Deux critères se vérifient avant la mise en ligne : le lieu d’hébergement des conversations et la mention explicite du caractère automatisé de l’interlocuteur, exigée par le règlement européen sur l’intelligence artificielle. Sur ce terrain, l’hébergement européen de Botnation et l’auto-hébergement de Tock et Rasa placent la donnée sous juridiction maîtrisée.
Le passage à un humain
Aucun bot ne traite les demandes complexes ou sensibles. Prévoyez une escalade vers un conseiller, via un livechat intégré chez Botnation et Tidio, ou via un connecteur vers votre outil de ticketing pour les frameworks open source.
Questions fréquentes
Peut-on créer un chatbot entièrement gratuitement ?
Oui, à deux conditions. Soit vous restez sous le quota d’un plan freemium, entre 25 et 100 conversations mensuelles selon l’éditeur, ce qui convient à un site à faible trafic ou à un projet de test. Soit vous installez un framework open source comme Tock ou Rasa : le logiciel ne coûte rien, mais un serveur et des compétences en développement deviennent nécessaires. La gratuité totale et illimitée sur une plateforme hébergée n’existe pas.
Faut-il savoir coder pour créer un chatbot ?
Non pour les plateformes no-code, où les scénarios se construisent en glisser-déposer et où l’intégration sur un site se résume à copier un script dans le code de la page. C’est le cas de Botnation, Landbot, Tidio et ManyChat. Oui pour Dialogflow, Rasa et Tock, qui supposent du développement, en Python pour Rasa, en Kotlin ou via API pour Tock.
Combien de temps faut-il pour mettre un chatbot en ligne ?
Sur une plateforme no-code, un bot FAQ alimenté par un fichier de questions-réponses se construit en moins d’une heure, et en quelques minutes avec les modèles préconfigurés. Un projet développé sur mesure avec un framework se compte en semaines : conception des parcours, entraînement du modèle, connexion aux outils métier et recette. Le facteur limitant reste rarement l’outil, mais la préparation des contenus que le bot doit restituer.
Que se passe-t-il quand le quota gratuit est atteint ?
Le bot cesse de répondre jusqu’au renouvellement mensuel du quota ou jusqu’à la souscription d’un abonnement. Les scénarios construits ne sont pas supprimés, ils redeviennent actifs après la remise à zéro ou la montée en gamme. Certains éditeurs facturent à la place un dépassement par contact supplémentaire, à vérifier dans les conditions du plan choisi.
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